Actualités de la FTPE Martinique

Comment préparer nos jeunes au monde du travail ?

Ceux-ci, désorientés, sont souvent contraints de choisir leur futur métier « sur catalogue ». Quant aux étudiants universitaires, ils doivent très tôt être sensibilisés aux marchés des différents secteurs où ils doivent évoluer dans le cadre de leurs recherches de stage ou d’alternance, obligés de s’habituer aux codes du marché du travail au moment de leur immersion dans le monde du travail. Et ces méthodologies de recherche sont bel et bien les points attendus par le recruteur lors de la sélection de leurs collaborateurs, quels que soient les profils. Or, à ce tournant de leurs vies, de quelle manière peut-on les accompagner au mieux dans cette initiation ?

Cette année encore, la plateforme d’admission post-bac APB, passage obligatoire des lycéens désireux de faire des études supérieures, a fait polémique. Lancée depuis 2008, la plateforme APB ne permet pas à tous les élèves de poursuivre leurs études dans la filière de leur choix. Certains doivent changer de perspective d’avenir et se cantonner à un troisième, quatrième ou cinquième choix, tout en s’interrogeant sur les conséquences pour leur avenir.

 

APB est le service et le site web mis en place en France par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour réguler la demande de places en première année dans l’enseignement supérieur. Cependant, l’affectation des places se fait souvent de manière algorithmique et arbitraire et laisse encore cette année plus de 65 000 bacheliers sans affectation.

De même, les étudiants poursuivent des études jalonnées de stages et alternances, et les établissements supérieurs doivent les accompagner dans cette démarche similaire à une recherche d’emploi, afin de leur offrir les outils et les codes recruteurs incontournables sur un marché fortement concurrentiel. Certains sont encadrés par leurs établissements, mais ils peuvent nécessiter d’un suivi plus spécifique et être guidés dans cette démarche, voire être mis en relation ou susciter l’intérêt individuel de professionnels du marché.

Enfin, beaucoup d’autres, fraîchement diplômés, sont livrés à eux-mêmes sans même connaître les dispositifs d’entraide ou ne savent pas quels moyens utiliser pour accéder aux recruteurs et attirer leur attention sur des segments parfois concurrentiels. « Dans la plupart des pays, et plus particulièrement en France et dans les DOM, le taux de chômage des 15-24 ans représente plus du double du taux de chômage global », déclare la Direction de l’animation de la recherche des études des statistiques (Dares) ainsi que l’Observatoire des Métiers et de l’Emploi de la DJSCS Martinique. 

 Anticipons dès maintenant ce positionnement

Les élèves de première, même s’ils sont sensibilisés verbalement au processus d’APB tout au long de leur année scolaire, se trouvent assez démunis lors de leur premier trimestre de terminale quand on leur demande de réfléchir concrètement à leur futur métier. En effet, peu ont assimilé l’importance des bulletins de première et des appréciations à leur arrivée en dernière année de cycle lycéen. C’est la panique ! La pression est double puisqu’ils doivent désormais optimiser un maximum les deux premiers bulletins de terminale, fatidiques dans la prise en compte d’APB, et très rapidement trouver leur voie. Si les bacheliers de série scientifique ont le choix et sont prioritaires sur pas mal de métiers, parce que souvent catégorisés plus élitistes que les autres, les autres séries doivent, elles aussi, être sensibilisées aux métiers spécifiques qui leur sont proposés, au risque parfois de se perdre dans des voies suggérées ou éloignées de leur ADN d’études.

Certains lycées font pourtant l’effort de mettre en place des accompagnements spécifiques, mais les élèves n’ont que très peu conscience des enjeux de tels exercices, et désertent bien souvent ces dispositifs. La majorité des élèves va, accompagnés de leurs parents ou en groupe, aux salons post-bac, jalonnant cette année, mais la centralisation de ces salons dans les grandes agglomérations et la foule des jeunes sous pression s’y ruant, ne favorise pas l’accès à l’information. Certes des conseillères d’orientation et des centres d’informations (CIO) relaient ces informations mais souvent, les étudiants, même les plus prometteurs, ne sont pas à l’abri d’une affectation par défaut où des places pas forcément en adéquation avec leurs aspirations sont disponibles. Et encore même dans ce cadre-là, certains bacheliers se sont vus spoliés et sans affectation.

 Et nous, que faisons-nous ?

Une fois diplômés, le filtre APB passé, et le choix des étudiants de s’orienter sur telle voie dans le public ou dans le privé fait, le parcours de nos jeunes bacheliers n’en est qu’au crépuscule. Sur des filières courtes ou longues, ils doivent trouver des stages ou alternances pour garnir leur CV et répondre aux obligations légitimes de l’enseignement supérieur. Les universités et certaines écoles ont compris cet enjeu et intègrent que la réussite ou l’échec de leurs étudiants en dépend. Mais au-delà d’un accompagnement pédagogique de groupes, certains se trouvent plus fragilisés et ont parfois besoin d’un accompagnement sur mesure et de mise en relation, leur permettant d’appuyer ou non leurs choix et leurs méthodologies. Les parents, soucieux de la réussite de leurs enfants, les voient souvent impuissants devant la tourmente d’un marché du travail auquel eux-mêmes ont pu parfois être durement confrontés. Il est alors indispensable d’avoir un regard extérieur qui les conduise à les conforter dans leurs approches, voire de dédramatiser, tout en accompagnant leur parcours.

Les générations Y et Z doivent, en plus, maîtriser les gênes de la digitale technologie, et s’être aguerris des technologies inhérentes à leurs générations. Cependant, s’ils sont familiarisés aux réseaux de communication étudiants, peu osent se lancer dans les réseaux plus professionnels, qu’ils soient numériques ou autres. Or, l’engagement de demain se trouve souvent dans ces communications sollicitées et plébiscitées de plus en plus par les entrepreneurs et les start-uppeurs. C’est pourquoi certains jeunes ont parfois besoin d’un environnement plus sécurisé dans leurs recherches de stages, d’alternances ou de premiers emplois.

L’intégration de nos jeunes sur le marché du travail

De plus, les jeunes récemment diplômés sont voués à eux-mêmes et doivent, à l’issue de leur dernière expérience universitaire ou « scolaire » se débrouiller dans les méandres d’un marché du travail très fortement concurrentiel. Mais comment se démarquer ? Au-delà de la jungle des annonces et des « job-boards » usuels, comment se faire connaître, comment approcher un recruteur, quelles sont les voies et les méthodologies plus marginales à plébisciter qui permettront une mise en relation plus fluide ? Quels écueils avec un décisionnaire ? Comment mieux appréhender une nouvelle approche après un premier échec ? Comment ne pas se démobiliser ? Se démotiver et vivre les premières embûches avant même une réelle immersion ? Il faut, dans ce cas-là, les mettre en relation avec un guide, mentor ou conseillé individuel. Les recruteurs ne savent pas toujours où ni comment trouver le profil idéal.

Comment valoriser et optimiser ses compétences au détriment de profils plus expérimentés ? Comment redonner confiance et apprendre à quelqu’un récemment jeté sur le marché du travail à se valoriser et à intéresser son interlocuteur ?

Il faut donc savoir écouter la ou les problématiques présentes et permettre d’harmoniser les envies et les attentes du marché du travail.

Ces accompagnements réussis sont nombreux et sont notre plus grande fierté. Ils nous permettent de satisfaire les besoins de jeunes en devenir et de les lancer dans leur future évolution de carrière.

Nous sommes les adjuvants qui permettront à chacun d’entre vous de devenir le héros de sa propre vie.

 

Source : http://https://www.linkedin.com/pulse/comment-pr%C3%A9parer-nos-jeunes-au-monde-du-travail-dipl%C3%B4m%C3%A9s-drean